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COVID 19 : les propositions du Secrétaire général de la CGLU Afrique pour relever l’économie des collectivités territoriales

mercredi 10 juin 2020

Pour faire face au Coronavirus, 42 pays africains ont opté pour un confinement total ou partiel. Cette période de fermeture a contribué à éroder les fragiles économies du continent noir. Afrique Progrès Magazine s’est rendue auprès de Jean-Pierre Elong Mbassi, secrétaire général de Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique (CGLU Afrique) pour s’enquérir des pertes économiques enregistrées par les collectivités territoriales et des solutions pour les redémarrer.

De nombreux experts s’emploient depuis à évoquer les pertes économiques au niveau national, pouvez-vous nous évoquer les pertes enregistrées par les collectivités territoriales ?

Dès l’entame de la crise du coronavirus et la mise en place des mesures de confinement la plupart des villes d’Afrique ont été confrontées à la difficulté pour leurs populations surtout les plus vulnérables, de subvenir à leurs besoins. Comme vous le savez sans doute déjà le secteur des PME et le secteur informel représentent à eux deux, entre 30 et 50% de la valeur ajoutée de ces villes, 60 à 80% de l’emploi. L’arrêt des activités à la suite du confinement ordonné pour lutter contre la contamination au coronavirus va sans doute résulter en une diminution drastique des activités économiques, une augmentation importante du chômage, et une baisse encore plus importante des revenus des ménages. En gros la vie quotidienne risque d’être bien plus difficile après la crise du Covid-19, alors qu’elle était déjà passablement bien difficile déjà pour la très grande majorité des populations.
La baisse des activités économiques va se traduire aussi par une baisse des rentrées financières au niveau des budgets des villes. Les chiffres de l’Observatoire des finances locales de CGLU Afrique établissent le niveau moyen des budgets des villes d’Afrique à 250 dollars des États Unis par tête, celui des budgets d’investissement à 28 dollars des États Unis par tête. Nous avons calculé que le Covid-19 entraînerait une baisse des budgets des villes de l’ordre de 30% là où la contribution du secteur moderne aux ressources propres du budget est majoritaire, et d’au moins 50% là où les ressources propres des budgets des villes dépendent majoritairement des impôts et taxes sur les activités du secteur informel ou assimilé (droits de place sur les marchés ; taxes sur les débits de boisson, les cabarets ou les gargotes ; etc.).
Le Covid-19 va également avoir un impact important sur les budgets d’investissement des villes d’Afrique, déjà très insuffisants (en moyenne 28 dollars US per capita). Suivant le scénario le plus optimiste (1,5 à 2 mois d’arrêt des activités économiques) la baisse des budgets d’investissement serait de 25%. Dans le scénario pessimiste (plus de 3 mois d’arrêt des activités économiques) la baisse des budgets d’investissement pourrait être supérieure à 40%. Ce scénario pessimiste se traduirait dans les petites villes et les villes moyennes par un véritable effondrement budgétaire, ce qui ôterait toute possibilité aux autorités de ces villes d’entrer dans une transaction positive avec les citoyens, et remettrait en cause la légitimité de leur mandat vis-à-vis des aux populations.
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