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4e Forum Mondial sur le Développement Economique Local : Les bonnes pratiques des Collectivités Territoriales Africaines sur le climat et l’économie informelle

vendredi 20 octobre 2017

La ville de Praia (Cap Vert) a abrité du 17 au 20 septembre 2017 la 4e édition du Forum Mondial sur le Développement Economique Local (DEL). Le forum qui constitue un lieu d’échange sur le développement économique local est le premier organisé sur le continent africain. Une première, saluée par les autorités cap verdienne qui ont souhaité que l’Afrique marque de son empreinte ce forum. « Le développement économique doit avoir l’Homme comme sujet et comme destinataire. Pour y parvenir, nous devons inclure les acteurs locaux dans toutes les politiques publiques de développement », a déclaré dans son allocution d’ouverture le Chef de l’Etat de la République du Cap Vert, Son Excellence, Jorge Carlos Fonseca.
L’ancien maire de Praia et actuel premier ministre, M. Ulisses Correia e Silva plaidera également pour une implication des élus locaux dans ces politiques au niveau des différents pays et particulièrement ceux d’Afrique.
Des positions qui faisaient échos aux propos de Parks Tau, président de CGLU. Dans son discours, le porte parole des élus locaux et régionaux du monde a rappelé que le bien-être des populations passe par la mise en œuvre d’une « approche territoriale du développement économique local ». « Je vous invite à faire en sorte que ce forum soit plus que des échanges d’expériences, mais qu’il soit une mise en place des politiques de développement afin de construire au niveau local une croissance économique inclusive et durable. Les gouvernements Locaux et Régionaux doivent promouvoir le DEL sur la base de la solidarité et la cohésion », a déclare Parks Tau.
Au cours de cette grande messe qui a réunie différents acteurs (gouvernements, autorités locales, partenaires au développement, société civile, etc.) CGLU Afrique a pris part aux échanges à travers la présence de son secrétaire général, M. Jean Pierre Elong Mbassi et son directeur des Programmes, Dr François Yatta.

Bonnes pratiques
CGLU Afrique a par ailleurs organisé deux sessions le mercredi 17 octobre 2017.
La première a vu les élus locaux du continent se prononcer sur : « Changement climatique et DEL : Comment atténuer les effets du changement climatique tout en favorisant le développement économique local ? ».
Les bonnes pratiques du Cap Vert, du Burkina et du Rwanda ont notamment été partagées par les panelistes.
Au Rwanda, le programme DEL est un modèle de programme intégré lancé depuis 2002. Des résultats probants ont notamment été enregistrés dans certains villages à travers le reboisement. La réussite de l’aspect de préservation de l’environnement du programme a été rendu possible grâce à l’implication de plusieurs acteurs : l’Etat, les collectivités locales, les associations locales et les écoles. « Nous organisons dans les villages des rencontres participatives avec les habitants, explique Vincent Rutaremara, de l’Association Rwandaise des Autorités Locales. L’existence d’une politique de développement économique est indispensable pour lutter efficacement contre le changement climatique car La dégradation de l’environnement affecte les activités économiques. C’est ce qui fait l’efficacité du programme mis en œuvre au Rwanda et qui voit une implication des élus locaux dans la mise en œuvre ».
Au Burkina Faso, l’utilisation de l’énergie solaire est l’alternative choisie dans la lutte contre le changement climatique. Charles Dallas, Directeur développement régional au Ministère des Finance de son pays explique que le gouvernement s’est inspiré du projet ECOLOC lancé par CGLU Afrique. « Nous avons bénéficié à partir de 2005 de la mise sur pied du projet ECOLOC initié par CGLU Afrique au Burkina. Le but de ce projet était de faire des régions des pôles d’attraction économique. C’est sur ce modèle que le plan national du développement économique et social (PNDES http://www.rfi.fr/emission/20161217-le-plan-national-developpement-economique-social-burkina-faso ) a été lancé au Burkina depuis 2016. Nos localités font face à des problèmes d’infrastructures, ainsi nous faisons appel en milieu rural à l’utilisation de l’Energie Solaire (lampes solaires) ou parfois à de l’énergie hybride. C’est ainsi que les femmes rurales qui commercialisent du lait peuvent conserver leur aliment dans des frigos alimentés par ces deux types d’énergie. En matière de DEL au Burkina, nous utilisons les principes de cofinancement ».
Aguinaldo David, Directeur exécutif de l’association des amis de la nature du Cap Vert révèle que depuis 40 ans, son association lutte contre le déboisement. Le pays ayant une masse forestière de 5000 tonnes.
La deuxième session organisée autour du thème « économie informelle entre régularisation et accès pendant des phases de transition » a vu les intervenants relever la difficulté d’avoir une seule définition du secteur informel. La question de la régularisation du secteur informel est complexe. Dans certains pays comme le Niger, les démarches pour la création d’entreprises sont lourdes. Sur le continent africain, les vendeurs de la rue constitue 80% du secteur informel. Ainsi, « les autorités locales sont des acteurs clés pour aider les entrepreneurs des secteurs informels à créer des stratégies pour introduire leur emploi dans le Développement Economique Local », plaide Dr Juma Nyende, Directeur du Bureau Régional CGLU Afrique, pour l’Afrique de l’Est.
Le rôle joué par les gouvernements locaux et régionaux est essentiel car ils établissent un lien nécessaire entre tous les acteurs du secteur des entreprises, de l’entrepreneur formel à l’entrepreneur informel. Les gouvernements locaux et régionaux peuvent faciliter et soutenir tous les acteurs économiques pour contribuer à une stratégie de développement économique local.